Pour le mener à bien, celle-ci s'est entourée de la collaboration
d'experts tant des domaines de l'enseignement (tous niveaux et tous réseaux) que des
structures professionnelles (hôpitaux, maisons de repos et de soins, soins à domiciles,…).
Cette réflexion a été initiée par un constat réalisé tant par les professionnels que par les
enseignants mais aussi soutenu par les étudiants. Cette proposition s’inscrit dans une
évolution inéluctable tant en Europe qu’au niveau International. En améliorant la qualité des
soins infirmiers par un enseignement de qualité, on renforcera la confiance et la sécurité des
citoyens envers notre système de santé et ses professionnels.
Préambule
Forts des demandes réitérées depuis plus de 30 ans et plus spécifiquement des contacts
argumentés de ces dernières années provenant, d’une part, des enseignants, des
professionnels concernés et des employeurs belges, d’autre part, des autorités
européennes, il s’avère inadéquat, en terme de Santé publique et d’équité sociale, de
maintenir deux filières de formation distinctes, à savoir le bachelier en soins infirmiers et le
brevet d’infirmier.
A chaque étape de la réforme de l’enseignement des soins infirmiers, des mécanismes
seront créés ou adaptés (Valorisation des acquis de l’expérience VAE, passerelles, …) de
manière à respecter les droits acquis et tout professionnel, tant du secteur de la pratique que
de la formation.
Une mise en oeuvre progressive de la réforme sera indispensable afin de garantir la stabilité
des recrutements dans les institutions de soins.
Partir du socle de base – une vision finale cohérente
Considérer toute la réforme sur base d’un même socle, à savoir :
1. Avoir 18 ans au 31 décembre de l’année d’entrée
2. Avoir terminé un cycle de base de 12 ans ou son équivalent
A ce stade, l’étudiant aura une possibilité de choix entre trois options. La finalité est
l’obtention d’un titre unique en soins infirmiers ou en sciences infirmières. Pour y parvenir,
plusieurs « filières » sont envisageables.
1. Aides-Soignants
2. Master
3. Promotion sociale
En Belgique, la formation en soins infirmiers est du ressort des Communautés ayant
l’enseignement dans leurs attributions, alors que l’accès et l’exercice de la profession est
sous la tutelle du Service public fédéral de la Santé publique.
Pour rencontrer et respecter les critères de la Directive sectorielle européenne 2005/36/CE,
à savoir :
4600 heures ou 3 ans minimum ;
Minimum 2300 heures d’enseignement clinique (stages) ;
Au moins 1/3 de théorie, soit 1515 heures.
A noter que l’article 21bis, du Décret fixant l'organisation générale de l'Enseignement
Supérieur en Hautes Ecoles, précise que chaque année d'études comporte des activités
d'enseignement d'au moins 700 heures et d'au plus 1.200 heures. Dès lors la formation
d’infirmier en Communauté française devrait s’articuler sur un cursus étalé sur 4 ans et
amenant au grade de Master en soins infirmiers, répartis sur 3 années de Bachelier de
transition (non professionnalisant), suivis d’une année de Master.
Cette formation en 4 ans de Master en soins infirmiers devrait être organisée en Haute Ecole
avec une finalité professionnalisante, pour tous les milieux de pratique. Des options,
correspondant à des Qualifications particulières (expertises), pourraient êtres insérées dans
le cursus de dernière année.
Au terme de cette formation de Master 1, l’étudiant pourra accéder au Master 2 :
Soit vers les spécialisations déterminées par Arrêté royal, répondant aux Titres
Professionnels Particuliers en soins infirmiers ;
Soit vers des spécialisations organisées dans l’Enseignement supérieur ;
Soit vers la formation de Cadre de santé organisée dans l’enseignement de
Promotion sociale.
L’obtention du Master 1 permettra également l’accès vers des formations de 2ème cycle
universitaire pour lesquelles une année préparatoire ne serait plus nécessaire.
Aide-soignant
Les autorités européennes et internationales de Santé Publique et de Soins Infirmiers
recommandent ou contraindront à terme à un titre unique d’infirmier(e) de haut niveau et un
titre d’aide qualifiée.
Dans cette optique, il est opportun de revoir aussi la formation actuelle d’aide-soignant, et de
valoriser sa fonction en portant leur durée de formation à 2 ans dans l’enseignement
secondaire professionnel complémentaire du 4ème degré. Ceci permettrait d’accroître son
autonomie et son champ d’activités (cf liste d’activités déléguées par l’infirmier à un aidesoignant).
Le titre professionnel d’« aide-soignant » en 2 ans de formation donne accès à la deuxième
année du cursus en soins infirmiers tel que mentionné ci-dessus.
D’autre part, la formation d'ambulancier spécialisé en transport médico-sanitaire
(réglementation TMS de la Région wallonne) est insérée et organisée afin que le titre soit
obtenu d’office au terme de la 1ère année réussie du cursus d’aide-soignant. La réussite de la
première année d'aide-soignant conditionne l’accès à la formation de secouriste-ambulancier
dans le cadre de l’aide médicale urgente (réglementation fédérale).
En conclusion
La réalisation effective de cette réforme, suppose qu’un encadrement pédagogique clinique
adéquat (en nombre et qualifications) soit préservé, voire amélioré. Pour ce faire, un
renforcement de l’enseignement clinique en Hautes Ecoles pourrait être assuré par le
transfert des enseignants infirmiers du brevet infirmier vers l’encadrement clinique en Hautes
Ecoles. Ceci impose une concertation étroite entre les divers niveaux d’enseignement de la
Communauté française.