Nouvelle méthode de suicide présentant un danger pour les services de secoursDes services de secours étrangers (Japon, USA, UK, Australie, France et Pays-Bas) ont averti le Centre de Connaissances de l’Intérieur (KCCE) d’une nouvelle forme de suicide comportant un danger potentiel pour les secouristes qui sont les premiers à intervenir.
Le mélange de produits chimiques domestiques donne naissance à un gaz toxique utilisé pour se suicider. Cet acte s’opère généralement dans des espaces relativement petits tels que des véhicules ou des salles de bain.
Les personnes voulant apporter leur aide risquent elles-mêmes d’être victimes du gaz. Les secouristes doivent donc redoubler de prudence lorsqu’ils trouvent une victime dans un espace restreint où se trouvent également des emballages de produits chimiques domestiques (peinture, pesticides, produits désinfectants, substances soufrées, etc.) et/ou éventuellement un pot ou un seau dans lequel les produits ont été mélangés. Cette méthode de suicide a gagné en popularité grâce aux sites internet sur lesquels les méthodes sont décrites. A la connaissance du KCCE, aucun incident de ce genre n’a encore été signalé en Belgique. Via ce flash, le KCCE veut faire prendre conscience à tous les services de secours susceptibles de rencontrer sur le terrain ces méthodes de suicide, du danger potentiel que cela représente et donner quelques conseils afin que les victimes puissent quand-même être secourues sans que le secouriste ne coure un risque lors de son intervention. Ce type d’intervention peut se dérouler aux endroits les plus ‘courants’ où une petite quantité de gaz peut rapidement donner lieu à des concentrations mortelles dans des véhicules, dans des salles de bain d’habitations mais aussi dans des chambres d’hôtel. Environ 500 incidents de ce genre ont déjà été signalés au Japon, une dizaine aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et un seul aux Pays-Bas. Dans la majorité des cas, des produits chimiques domestiques contenant du soufre sont utilisés pour former le gaz toxique sulfure d’hydrogène (H2S). En outre, dans des cas exceptionnels toutefois, il est également fait usage de produits formant les gaz toxiques cyanure d’hydrogène (HCN) ou phosphine (PH3). Signes de reconnaissance possibles: Ces situations sont difficiles à reconnaître, mais nous voulons toutefois énumérer un certain nombre de signes de reconnaissance possibles. · Une victime ne réagissant pas ou ne donnant plus signe de vie et se trouvant dans un petit espace. · Des récipients dans lesquels des produits chimiques ont été mélangés : un seau, un pot, une glacière. · Des emballages vides de produits chimiques sur place ou dans les environs. · Une odeur d’œufs pourris, une odeur d’amandes ou une autre odeur désagréable dans les environs. · Des fentes, des trous d’aération, ou des ouvertures fermées avec du scotch. · Dans le meilleur des cas, un message d’avertissement pour les secouristes. · Une lettre d’adieu Avis pour les secouristes: · Si la victime montre encore des signes de vie, un sauvetage peut encore être réalisé sous la protection d’un appareil respiratoire autonome. · N’entrez pas dans le véhicule ou dans l’espace sans équipements de protection individuelle adaptés. Portez une protection respiratoire autonome et une tenue d’intervention complète. · Pour une exposition plus longue, par exemple en cas de travaux de désincarcération, il faudra éventuellement porter une tenue chimique ou une tenue anti-gaz, en fonction des produits impliqués. · Faites attention au gaz qui s’évapore de la tenue d’intervention ou de la tenue de la victime. Des concentrations dangereuses peuvent apparaître. · Aérez suffisamment l’espace concerné, éventuellement en utilisant un ventilateur à surpression et veillez à ce que personne ne soit mis en danger dans le trajet des gaz qui s’échappent. · Demandez l’aide d’un officier des services d’incendie ou d’un spécialiste en matières dangereuses. · Ne restez pas sous le vent et mettez en place un périmètre de sécurité de minimum 25 m. Evacuez de cette zone toutes les personnes présentes. Faites effectuer des mesures en fonction de l’ampleur de l’incident et du lieu de l’incident dans la zone située sous le vent afin d’ajuster éventuellement le périmètre de sécurité. · Faites une bonne reconnaissance (extérieure) du véhicule ou du bâtiment et de ses environs. Cherchez des indicateurs tels que décrits ci-dessus. Interrogez des spectateurs de l’incident. · Décontamination: § Si vous avez affaire à une victime encore en vie, ôtez-lui directement ses vêtements et nettoyez la pollution visible avant transfert aux services médicaux. Portez à cet effet une protection respiratoire autonome. Aérez suffisamment les vêtements de la victime puis emballez-les dans des sacs en plastique doubles. Dans le cas d’une victime décédée, la même procédure peut être appliquée après avoir d’abord aéré suffisamment les vêtements. § Sapeurs-pompiers : en cas de contact avec le liquide, décontaminer le sapeur-pompier de manière adéquate, conformément à la procédure de décontamination des tenues anti-gaz. § Toujours faire enlever la tenue d’intervention et la faire bien aérer après utilisation. La tenue d’intervention doit ensuite être emballée dans un sac double et être transportée vers la caserne où elle doit être lavée avant de pouvoir être réutilisée. § Toutes les personnes exposées aux gaz doivent être décontaminées/lavées avec de l’eau et du savon. Risque d’attaque par les gaz Bien que les gaz ci-dessous soient tous inflammables, il n’y a pas encore de signalement d’incendie lors de telles interventions. Le danger d’incendie n’est ici pas prioritaire étant donné que la concentration n’atteint généralement pas la limite inférieure d’explosibilité, mais il faut toutefois en tenir compte lors de l’intervention. Le danger pour les secouristes consiste dans le fait que les gaz peuvent irriter les muqueuses et/ou les poumons ou paralyser les muscles. Dans des cas extrêmes, ces gaz peuvent conduire à une asphyxie. Lors d’une intervention : essayez d’identifier les substances impliquées au moyen des étiquettes sur les emballages. Faites effectuer des mesures avec des tubes de mesure si le gaz n’est pas connu. Le sulfure d’hydrogène est un gaz très toxique pouvant être facilement perçu en raison de l’odeur caractéristique d’œufs pourris qu’il dégage. Ce gaz est plus lourd que l’air. A des concentrations plus élevées, le gaz ne peut plus être senti, ce qui signifie que le gaz peut être présent à des concentrations dangereusement élevées sans odeur perceptible. Cette propriété singulière du sulfure d’hydrogène en fait une substance très dangereuse. A des concentrations plus élevées (à partir de 100 ppm), le H2S peut causer un œdème du poumon, une asphyxie et même la mort après une longue durée. A des concentrations très fortes (à partir de 500 ppm), il peut provoquer des difficultés respiratoires jusqu’à un arrêt respiratoire, mais aussi des pertes de connaissance et des paralysies, même s’il n’est inhalé qu’une seule fois. Le cyanure d’hydrogène est une substance très toxique pouvant également intoxiquer l’homme par contact avec la peau. Le cyanure d’hydrogène a l’odeur d’amandes et est un peu plus léger que l’air. C’est l’un des poisons dont l’action est la plus rapide. Une concentration de 20 ppm peut déjà avoir de graves conséquences après 10 minutes. Il peut causer mal de tête, étourdissement, irritation grave des muqueuses (nez, gorge et yeux), larmoiement et problèmes respiratoires. Si le produit est inhalé, il peut causer un œdème du poumon ainsi que des crampes, une perte de connaissance, un arrêt respiratoire ou un arrêt cardiaque. Ces symptômes peuvent même survenir après un contact avec la peau. Seuls 30 ppm peuvent causer la mort après une exposition de 10 minutes et des concentrations plus élevées peuvent être mortelles après une seule inhalation. La phosphine est utilisée comme agent de fumigation de conteneurs et est également utilisée, de manière plus rare, pour commettre un suicide. La substance pure est inodore mais en raison des impuretés, l’on perçoit généralement une odeur désagréable (de poisson). Cette substance est d’emblée dangereuse si l’odeur est perçue. Seuls quelques ppm provoquent déjà irritation et difficultés respiratoires. Une concentration inférieure à 10 ppm peut causer une pneumonie et une atteinte du foie. Elle peut avoir des conséquences mortelles en quelques minutes. Date de publication : août 2010 Rédaction : Cellule de communication Editeur responsable : Jérôme Glorie Mercredi 25 Août 2010
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